Vous êtes ici : Accueil » Ouvrages

Consultez la liste de vos achats

Une Approche Afro-Kame de la Théologie

Un livre de S. Kalamba Nsapo

16.00 €

(JPEG)

Si une vérité théologique ne compte que dans la mesure où elle résulte de la réflexion de l’Occident chrétien, il faut alors se poser la question suivante : de quel côté se situe le Créateur de ce qui est et de ce qui n’est pas encore ? Dans « Une approche afro-kame de la théologie », cette préoccupation qui relève de l’épistémologie théologique amène à soutenir un point de vue susceptible de susciter un débat d’idées auquel se trouve invitée l’élite africaine.

Théo-logie en tant que traduction littérale et littéraire d’une expression antique africaine : Maalu-a-Maweja, Mambu ma/ya Mungu, Makambo ma Nzambe..., ne peut et ne saurait être réduite à : Maalu-a-Krishna, Maalu-a-Christo « Christologie » ou Maalu-a-Bena Yuda « Judaistique ». Pour nous, la théologie est synonyme de Théologie Classique Africaine, donc de Théologie Pharaonique, Méroitique, Lunda, Kongo, Zulu, Luba, Dogon, Bambara, Kuba, etc. À partir de la langue luba, on devrait parler de la théologie comme de maalu a Mvidi Mukulu (Ntr et logos, maalu a Maweja, maalu a Mufuki). C’est-à-dire « les affaires, les problèmes, les choses relatifs au Créateur et les réflexions humaines sur Celui-ci ». Ces maalu a Maweja qui sont aussi le correspondant bantu du mot « religion » se laissent mieux traduire par théologie en tant que discours de et sur Dieu.

L’approfondissement de cette théologie dans la civilisation de la Vallée du Nil au début du IIIe millénaire et à la fin du Ier millénaire avant notre ère, permet de mesurer l’importance d’une pensée universaliste résultant du long et permanent dialogue du Créateur avec les nations africaines. Là se dessine un nouvel horizon, celui de la contemplation et de la pratique de la vérité, de la fraternité universelle, de la justice et du dialogue interculturel.

Docteur en théologie, l’auteur, S. Kalamba Nsapo, a déjà publié aux éditions Société Ouverte deux livres : Les ecclésiologies d’épiscopats africains sub-sahariens. Essai d’analyse de contenu (2000) et Théologie africaine. Question de méthode aujourd’hui (2003). Une autre publication aux Publications Universitaires Africaines : Chrétiens africains en Europe ! Pour une ecclésiologie du respect mutuel et de la réciprocité intercontinentale (2004). Il est auteur de plusieurs articles de théologie africaine et dirige la revue Cheik Anta Diop à Bruxelles.

Dans la même rubrique
Pour commander cet article


Paiement sécurisé
K.
Le 23-07-2006
> Une Approche Afro-Kame de la Théologie

Une approche afro-kame de la théologie Débat avec Camille Tedanga

L’égyptologie produite par les leucodermes après J.F. Champollion est devenue une science dont le caractère anti-nègre échappe à l’attention du lecteur non averti dans la mesure où toute une école de recherche utilise des médiations historiques, linguistiques ou autres que le monde assimile naïvement sans tenir compte de leurs en-dessous réels. Il en résulte une idéologie tenace qui amène à transmettre des contre-vérités dont la suivante : remet km ou remete.t km.t (luntu kame = kame luntu = lume kame = ba kame balume = bantu kame) n’était pas kame (km). Cette conception dogmatique va à l’encontre du constat et du point de vue des blancs voisins des anciens Egyptiens depuis des millénaires et citoyens égyptiens depuis quelques siècles. Lesquels blancs ou leucodermes étaient des témoins oculaires ou de grands savants (Hérodote, Diodore de Sicile et autres). La vision anti-nègre dont je parle envahit plusieurs langues européennes pour lesquelles, sous l’impulsion d’une méprise scientifique et d’une véritable épistémophobie, kemet (kmt) signifierait « terre noire ». Elle se charge de faire croire en un dogme du nègre qui n’est responsable d’aucune production matérielle, intellectuelle ou spirituelle.

Cette falsification de l’histoire affecte toute la vie et toutes les disciplines scientifiques. Dans le domaine qui relève de ma spécialité, elle promeut une herméneutique dévalorisante de l’action de Dieu auprès des nations africaines. La théologie africaine contemporaine aurait dû en tirer les conséquences, toutes les conséquences si possible. Il n’en est rien dans un contexte où elle se déploie en se satisfaisant de ce qu’elle a reçu et de sa capacité d’en faire des commentaires. Si une vérité n’a de statut scientifique ou théologique que dans la mesure où elle résulte de la réflexion de l’Occident chrétien, il faut alors se poser la question suivante : de quel côté se situe le Créateur de ce qui est et de ce qui n’est pas encore ?

Le temps de nouvelles investigations exige d’atteindre les racines historiques et de détruire la trace de tous les « à peu près ». Voici ce qu’il enseigne en un domaine comme celui de Dieu dont l’Afrique a fait l’objet de connaissance : la théo-logie en tant que traduction littérale et littéraire d’une expression antique africaine : Maalu-a-Maweja, Mambu ma/ya Mungu, Makambo ma Nzambe..., ne peut et ne saurait être réduite à la production intellectuelle des maîtres de l’ordre actuel du monde. Si l’on veut tenir compte de la vérité historique, il faut dire que la théologie est synonyme de Théologie Classique Africaine, donc de Théologie Pharaonique, Méroitique, Lunda, Kongo, Zulu, Luba, Dogon, Bambara, Kuba, etc. À partir de la langue luba, on devrait parler de la théologie comme de maalu a Mvidi Mukulu (Ntr et logos, maalu a Maweja, maalu a Mufuki). C’est-à-dire « les affaires, les problèmes, les choses relatifs au Créateur et les réflexions humaines sur Celui-ci ». Ces maalu a Maweja qui sont aussi le correspondant bantu du mot « religion » se laissent mieux traduire par théologie en tant que discours de et sur Dieu.

Il n’y a là en profondeur aucune tentative de prendre en otage le discours théologique. La tradition africaine n’autorise pas à escamoter la différence de relations entre le Père et ses enfants au point d’imposer une seule forme de lien parental (humeurs de la pensée unique !) en excluant d’autres manières dont les enfants d’une même famille mènent leur vie de communion avec leur Père.

Ceci dit, je m’investis dans l’analyse des textes théologiques de la civilisation de la Vallée du Nil au début du IIIe millénaire et à la fin du Ier millénaire avant notre ère, qui constitue notamment la substance de l’intelligence négro-africaine multimillénaire de Dieu et permet de mesurer l’importance d’une pensée universaliste résultant du long et permanent dialogue du Créateur avec les peuples africains. Là se dessine un nouvel horizon, celui de la contemplation et de la pratique de la vérité, de la fraternité universelle, de la justice et du dialogue interculturel.

La reconduction de tout à ce sol de restitution historique et d’épistémologie théologique revêt une importance capitale. Ne me demandez pas - à travers L’Africain - d’où je parle et qui je suis. Je suis un nègre d’Afrique dont la réflexion se nourrit du fond d’une langue substantiellement apparentée au proto-bantu, au copte et à l’égyptien. Une langue porteuse de la civilisation génératrice de l’humain et dont le dispositif culturel et symbolique peut permettre de récupérer la renaissance panafricaine. La conscience de cette réalité est tellement répandue dans les mondes noirs qu’elle ne saurait se dissiper dans l’air avant que ne s’effacent tous les visages humains au lever du jour ou à la tombée de la nuit.

Je viens de mettre en lumière l’enjeu d’une autre théologie africaine. Le lecteur qui sort de ce cadre de pensée rate l’occasion de saisir mon « approche afro-kame de la théologie ». C’est le seul reproche que je formule à l’endroit de Camille Tedanga qui non seulement confond quelques aspects de mon panorama de la théologie africaine avec ma thèse principale, mais s’appesantit sur des questions d’évaluation critique de mon livre qui visent à répondre aux exigences d’ordre méthodologique, déontologique et historique. Ce partenaire scientifique est un homme de lettres. J’en conviens. Je sais également qu’il a collaboré à une revue dans laquelle j’ai déposé une contribution qui pourrait lui offrir les clefs de lecture nécessaires à l’assimilation d’une thématique difficile à manier dans les milieux scientifiques qui se meuvent dans les couloirs de la théologie au sens classique. Je lui suggère de poursuivre un échange d’idées à ce sujet afin d’enrichir un débat qui ne vient que de commencer.

S. Kalamba Nsapo, théologien nègre

Kban
Le 20-04-2006
> Une Approche Afro-Kame de la Théologie
Ouvrage courageux, mais on ne le trouve pas à la Fnac
Administration - Site sous SPIP, réalisé par AfriKDesign